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Dette

Dimanche 11 mars 2007
  1. Si le montant des 1000 premières fortunes du monde n’atteignait que la moitié de leur valeur, qu’y aurait-il de changé sur la planète ? Rien. La principale préoccupation de ces gens est de trouver à employer leur fortune. Celle-ci réduite de moitié, leur problème resterait entier. Si les pays les moins avancés étaient libérés du boulet de la dette, qu’y aurait-il de changé sur la planète ? Tout, ou presque. Nous pourrions alors envisager le développement économique de ces pays avec toutes les conséquences que l’on imagine sur les déplacements de populations. Faire payer aux premiers la dette des seconds, comme le suggère le CADTM, tombe sous le sens. Nous n’y parviendront que par une réflexion globale sur la création de l’argent (la Réserve Fédérale, qui émet le dollar, n’est qu’une banque privée, indépendante du Trésor américain) et sur la création et le partage des richesses. Ci-dessous, l’article du CADTM.


LE CADTM DENONCE L’ENRICHISSEMENT EXPONENTIEL DE QUELQUES-UNS ALORS QUE LES DROITS FONDAMENTAUX DE MILLIARDS DE PERSONNES NE SONT PAS GARANTIS


Le magazine Forbes vient de publier son classement annuel des individus les plus riches du monde et le CADTM ne peut rester silencieux face au scandale absolu que les chiffres publiés dissimulent.

Selon Forbes , le monde compte 946 milliardaires (en dollars), alors qu’ils n’étaient que 793 l’an dernier, prouvant ainsi que les très riches sont de plus en plus riches. La fortune cumulée de ces 946 milliardaires s’élève à 3 500 milliards de dollars.

En comparaison, la dette extérieure publique de tous les pays en développement est bien modeste : 1 500 milliards de dollars. Pourtant, cette dette largement odieuse, dont les populations n’ont pas profité, représente un fardeau colossal pour les économies de ces pays. Chaque année, leurs pouvoirs publics remboursent plus de 200 milliards de dollars au titre du service de la dette. De ce fait, les fonds manquent cruellement pour permettre la satisfaction des besoins humains fondamentaux.

Pour le CADTM, le modèle économique actuel est incapable de prendre en compte l’intérêt du plus grand nombre et d’apporter une solution à la misère et à la corruption qui gangrènent de larges pans de la planète. Le FMI, la Banque mondiale, les dirigeants des pays les plus industrialisés, les grandes entreprises multinationales sont les défenseurs de ce système structurellement inique, qui vise à accroître sans fin les profits réalisés par quelques-uns, et ce avec la complicité active des élites des pays du Sud.

Le CADTM appelle à un changement de grande ampleur afin que l’intérêt général cesse de reculer devant les coups de boutoir des intérêts particuliers d’une poignée d’individus très riches. Pour cela, le CADTM réclame l’application de quatre mesures destinées à ouvrir une voie radicalement différente :

- l’annulation totale et immédiate de la dette extérieure publique de tous les pays en développement et un audit dans chaque pays pointant les différentes responsabilités dans la situation actuelle ;

- l’abandon des politiques d’ajustement structurel (libéralisation, privatisations, réduction des budgets sociaux) que les grandes puissances parviennent à imposer grâce au mécanisme de la dette ;

- la suppression des paradis fiscaux et l’expropriation des sommes qui y sont dissimulées ;

- enfin, un impôt exceptionnel de 50% sur la fortune des 946 milliardaires répertoriés par Forbes pour lutter efficacement contre la pauvreté.

Source : cadtm 


Par Kochab
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Mardi 17 avril 2007
par Julie Castro

Exposé de Julie Castro durant le Week end résidentiel de formation dette et santé :

LA SITUATION ACTUELLE

Pauvreté et état de santé
PNUD : 1,2 milliard d’individus vit dans l’extrême pauvreté (moins de 1$ par jour) et 2,8 milliards se contentent de moins de 2$ par jour
852 millions de personnes souffrent de malnutrition
30 000 enfants meurent chaque jour de maladies facilement curables
42 millions sont infectées par le VIH/SIDA dans le monde, dont 70% en Afrique sub-saharienne
Espérance de vie au Botswana : 65 ans en 2000 ; 31 ans en 2005
Espérance de vie au Zimbabwe : 53 ans en 2000 ; 27 ans en 2005
Nombre de décès annuels dûs au paludisme : 1 million
Nombre de décès annuels dûs à la tuberculose : 2 millions
1,1 milliard d’êtres humains n’ont pas accès à des points d’eau aménagés
2,4 milliards d’être humains n’ont pas accès à des infrastructures sanitaires correctes

Inégalités
En 2002, les 7 plus grosses fortunes du monde possédaient ensemble plus que le PIB total du groupe des 49 pays les moins avancés, qui comptent 650 millions d’individus
Nombre de milliardaires en dollars en 2005 : 793
Leur patrimoine cumulé : 2600 milliards $
Les 5 % les plus riches de la planète perçoivent un revenu 114 fois supérieur à celui des 5 % les plus pauvres
Les 1 % les plus riches gagnent autant que les 57 % les plus pauvres à l’échelle planétaire
Rapport sur la situation sociale dans le monde de 2005 de l’ONU : les inégalités sont allées de pair avec la mondialisation.
Dans 46 pays, les gens sont plus pauvres aujourd’hui que dans les années 90, et dans 25 pays les gens ont plus faim aujourd’hui qu’il y a dix ans.
Les pauvres sont de plus en plus pauvres : le revenu moyen des populations extrêmement pauvres de l’Afrique sub-saharienne est passé de 0, 62 USD/jour en 1990 à 0,60 USD/jour en 2001 (rapport 2005 de l’ONU sur les Objectifs du millénaire)

Dette, transferts de richesse, satisfaction des besoins humains fondamentaux
Les Pays en Voie de Développement (PED) ont remboursé 10 fois ce qu’ils devaient en 1980, mais leur dette a été multipliée par 5.
Kofi Annan : service de la dette en 2000= 38% du budget des états d’Afrique sub-saharienne.
Comparaison de montants entrants et sortants des PED en 2004 (en milliards de dollars) :

Aide Publique au Développement + 78 Mds $

Rapatriement des profits par les multinationales - 104 Mds $

Envoi des migrants à leurs pays d’origine + 126 Mds $

Service de la dette - 374 Mds $

Dette extérieure publique de tous les PED : 1600 milliards $
Somme nécessaire à la satisfaction des besoins humains fondamentaux (alimentation, accès à l’eau potable, éducation primaire, accès aux soins de base) pour toute l’humanité : 80 milliards $/an pendant 10 ans
Dépense publicitaires annuelles : 1000 milliards $
Dépense militaires annuelles : 1000 milliards $ (2004)

IL Y A TRENTE ANS : LA DECLARATION D’ALMA ATA
Alma Ata
1978, assemblée générale de l’OMS à Alma Ata, 134 nations.
Vision globale de la santé : “état de complet bien-être physique, mental et social”
L’objectif était “La santé pour tous” en l’an 2000, et la stratégie pour y parvenir était celle des Soins de Santé Primaires (SSP) :
Les SSP sont " partie intégrante tant du système de santé national, dont ils sont la cheville ouvrière et le foyer principal, que du développement économique et social d’ensemble de la communauté "
Les SSP prévoient la participation communautaire à tous les niveaux : conception, mise en oeuvre et contrôle des politiques et programmes de santé.
Les SSP sont le “moyen qui permettra d’atteindre objectif de santé pour tous en 2000 dans le cadre d’un développement empreint d’un véritable esprit de justice sociale”.
Ils rappellent la responsabilité du gouvernement vis à vis de la santé de sa population.
Ils appellent explicitement à un nouvel ordre économique mondial, et à la nécessité de redistribution des richesses.

Les expériences inspirées d’Alma Ata
Des systèmes de santé inspirés des SSP tels que définis dans la déclaration d’Alma Ata furent mis en place dans de nombreux pays.
Parmi eux, l’état du Kerala en Inde, le Costa Rica, le Sri lanka, la Chine.

LA VAGUE NEOLIBERALE
Du point de vue idéologique
Dès 1979, la fondation Rockfeller déclare que les SSP sont trop coûteux et irréalistes. Elle appelle à  cibler les actions et se limiter à des améliorations sectorielles en matière de santé, et cette politique est appelée Soins de Santé Primaire Spécifiques. De la sorte, les SSP sont vidés de leur contenu : un trait est tiré sur la nécessité d’intervenir sur tous les secteurs qui influent sur la santé, sur la question de la répartition des richesses ainsi que sur la participation des  communautés/collectivités à tous les niveaux des politiques de santé.
Années 80 : accentuation du virage néolibéral
UNICEF entérine le statu-quo avec l’initiative GOBI en 1983, dans laquelle l’institution admet que les conditions globales qui aggravent les inégalités et la pauvreté ne peuvent pas être changées, et que la santé telle que définie par l’OMS est un but irréaliste. Cette institution appelle donc à se concentrer non plus sur la santé des enfants, mais sur leur survie, avec des activités menées selon 4 axes : le monitoring de la croissance, la réhydratation orale, l’allaitement maternel et la vaccination.

La Banque Mondiale sort en 1987 un rapport intitulé " financing health services in developping countries : an agenda for reform ", qui marque l’entrée de cette institution sur la scène de la santé internationale. Jusque là, cette institution se limitait à intervenir sur les questions macro-économiques.

Or certains changements surviennent dans l’idéologie du développement : après une période d’ultralibéralisme débridé, on admet qu’il faut aussi investir dans le " capital social ". Cela va se traduire, pour la Banque Mondiale, par la mise en place de programmes de santé et d’éducation. Mais selon une approche particulière :
Privatisation de la délivrance des soins (marchés ouverts aux multinationales du soin)
Privatisation du financement des soins (recouvrement des coûts, assurances privées)
Développement des partenariats publics-privés, qui deviennent le nouvel hybride institutionnel à la mode.

Conclusion
En quelques années, passage de la santé conçue au coeur d’une approche de justice sociale, à une vision étriquée, avec plusieurs axes de régression :
des solutions systémiques aux solutions ciblées ;
de la participation à un système vertical et centralisé ;
solutions techniques apportées à des problèmes sociétaux (médicalisation, psychologisation) ;
objectif de survie plutôt que de qualité de vie ;
déplacement du niveau de responsabilité : les individus sont responsables de leur situation, et donc il faut les contrôler (politiques de limitation des naissances) ou changer leur comportements (marketing social). Le fait que les structures socio-économiques soient productrices de la pauvreté est systématiquement éludé.

Les enjeux actuels
Programmes d’ajustement structurels :
Ils organisent les transferts de richesse des populations du Sud vers les créanciers du Nord
Ils organisent une domination politique sur les pays en voie de développement qui les contraint à se couler dans le moule néolibéral (réseaux mafieux également, françafrique) : libéralisation, coupes dans les budgets publics, dévaluation, privatisation, etc .
Accords commerciaux
Accords de l’OMC : ADPIC (accord sur les droits de propriété intellectuelle), AGCS.
Directive Bolkenstein
Banque Mondiale
Premier financeur de la santé au niveau international, devant l’OMS. Développe des “réformes des systèmes de santé” (privatisation, recouvrement des coûts, partenariats publics-privés).

Conclusion
Nécessité d’articulation des mobilisations au Nord et au Sud, à l’Est et à l’Ouest, de construction de solidarités.
Nécessité de conjuguer les niveaux de lutte : lutter à l’échelle locale et globale.
Nécessité de cibler les centres névralgiques du système et d’organiser des actions coordonnées en fonction.
Réaffirmer la santé comme un droit inaliénable.


Source : CADTM

Par Kochab
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Lundi 26 novembre 2007
Au cours de ces deux jours de travaux, nous constatons avec amertume que les différentes solutions proposées par les bailleurs de fonds et les institutions internationales, telle que l’initiative PPTE ou autres allègements de dette, ne constituent en rien une solution juste et durable au problème de la dette. Au contraire, en persévérant aveuglément dans le cadre du néolibéralisme, les ressources naturelles et entreprises publiques sont confisquées et bradées, en échange de ces sois disants allégements. Pire, l’environnement se dégrade fortement et la situation sociale des populations, déjà dramatique, continue de se détériorer. Les enfants meurent quotidiennement de maladie facilement curable, souffrent de malnutrition, tandis que la déscolarisation et l’analphabétisation croissent sans cesse. Cela constitue tout simplement une violation des droits fondamentaux.


Source : cadtm Lire l'article



Par Kochab
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Verbatim

La planète peut accueillir tous les êtres humains mais non toutes leurs convoitises. (Gandhi)

Le pouvoir est devenu le passage obligé de ceux qui, à tout prix veulent acquérir des richesses faciles. (
Félix Ngoussou - Tchadforum)

Nous n’avons pas besoin de la France car nous avons maintenant des amis comme les Etats-Unis." (
Abdelaziz Bouteflika)

[Sarkozy] est encore perdu quelque part au milieu de l’atlantisme. (Jean-Philippe Immarigeon - Sarko L'Américain)

L’âge de pierre ne s’est pas terminé par manque de pierre ; l’âge du pétrole ne se terminera pas par manque de pétrole. (Cheikh Ahmed Zaki Yamani, ancien ministre du Pétrole en Arabie Saoudite.)

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