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Guerre de l'information

Jeudi 8 février 2007

Ce qu’a vraiment dit Mahmoud Ahmadinejad

par  Arash  Norouzi


Mondialisation.ca , Le 29 janvier 2007

Une dangereuse rumeur s’est propagée à travers le monde ; elle pourrait bien avoir des conséquences catastrophiques. Si l’on en croit la légende, le Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a menacé de détruire Israël, ou, pour reprendre la citation erronée : " Israël doit être rayé de la carte " [1]. Contrairement à une certitude très répandue, une telle déclaration n’a jamais été faite [par Ahmadinejad, NDT], et c’est ce qui sera démontré dans cet article.


LE CONTEXTE

Le mardi 25 octobre 2005, dans la salle de conférences du Ministère de l’Intérieur à Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad - le Président iranien élu depuis peu [2] - prononça un discours à l’occasion d’une conférence intitulée " Le monde sans le sionisme ". Selon les rapports qui en ont été faits, plusieurs milliers de personnes y ont assisté. De grandes affiches l’entouraient, qui affichaient ostensiblement ce titre en anglais – " The World Without Zionism ", à destination évidente des médias internationaux. Sur les affiches figurait, en-dessous de cette inscription, une illustration qu’un regard superficiel pouvait trouver réussie et qui montrait un sablier contenant le globe terrestre dans sa partie supérieure. Deux globes plus petits figurant les Etats-Unis et Israël [leurs drapeaux, plus exactement - voir l’illustration ci-contre NDT] étaient représentés en train de tomber à travers l’orifice médian du sablier, et finissant leur chute brisés.

Avant d’en venir à la formule tristement célèbre en elle-même, il est important de noter que la " citation " en question était elle-même une citation – ce sont les mots du défunt Ayatollah Khomeiny, le père de la Révolution Islamique [3]. Bien qu’il ait cité Khomeiny pour affirmer sa propre position à l’égard du sionisme, le choix des mots eux-même appartient à Khomeiny et non à Ahmadinejad. Ainsi, Ahmadinejad s’est vu principalement crédité (ou blâmé) pour une citation qui non seulement n’est pas de son cru, mais en outre véhicule un point de vue déjà exprimé (...) bien avant son entrée en fonction.


LA VÉRITABLE CITATION

Qu’a donc réellement dit Ahmadinejad ? Commençons par citer ses mots exacts en persan [4] : " Imam ghoft een rezhim-e ishghalgar-e qods bayad az safheh-ye ruzgar mahv shavad. "

Ce passage ne signifiera rien pour la plupart des gens, mais un mot cependant devrait faire dresser l’oreille : " rezhim-e ". C’est le mot " régime ", prononcé comme le mot anglais [" regime ", NdT] avec un son supplémentaire – " eh " - à la fin. Ahmadinejad ne se référait pas au pays-Israël ou au territoire-Israël, mais au régime israélien [5]. Il s’agit là d’une distinction cruciale, puisqu’il est impossible de rayer un régime de la carte [6]. Ahmadinejad ne se réfère même pas à Israël par son nom ; à la place, il utilise la périphrase " rezhim-e ishghalgar-e qods " (c’est-à-dire littéralement " régime occupant Jérusalem ").

Ce qui soulève une autre question : que voulait-il exactement voir " rayé de la carte " ? La réponse est : rien du tout. Puisqu’il n’a jamais utilisé le mot " carte ". Nulle part dans sa phrase originale en persan, ni d’ailleurs dans l’intégralité de son discours, n’apparaît le mot persan " nagsheh " qui signifie " carte ". Pas plus que la formule occidentale " rayer ". Et pourtant, on nous pousse à croire que le Président de l’Iran a menacé de " rayer Israël de la carte ", bien qu’il n’ait jamais prononcé les mots " carte ", " rayer " ni même " Israël ".


LES PREUVES DE LA DEFORMATION

Voici maintenant la citation dans son intégralité, directement traduite en anglais :

" The Imam said this regime occupying Jerusalem must vanish from the page of time "  [c’est-à-dire en français et tout aussi directement : " L’Imam disait que ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps. ", NdT]

Traduction mot par mot : Imam (Khomeini) ghoft (said) een (this) rezhim-e (regime) ishghalgar-e (occupying) qods (Jerusalem) bayad (must) az safheh-ye ruzgar (from page of time) mahv shavad (vanish from).

[Même chose en français : Imam (Khomeini) ghoft (disait) een (ce) rezhim-e (régime) ishghalgar-e (occupant = qui occupe) qods (Jérusalem) bayad (doit) az safheh-ye ruzgar (de la page du temps) mahv shavad (disparaître de). NdT] [7]

La transcription complète en persan du discours d’Ahmadinejad est archivée sur le site du Président : www.president.ir/farsi/ahmadinejad/speeches/1384/aban-84/840804sahyonizm.htm 


LE DISCOURS ET SON CONTEXTE

Alors que la fausse citation " rayé de la carte " a été répétée à l’infini sans vérification, le discours réel fait par Ahmadinejad a été en lui-même presque entièrement ignoré. Vu l’importance accordée au commentaire de la " carte ", il serait judicieux de présenter les mots utilisés dans leur contexte complet, pour donner une meilleure compréhension de la position d’Ahmadinejad. En fait, lorsque l’on considère le discours dans son intégralité, une trajectoire claire et logique se dégage qui conduit à son exigence d’un " monde sans le sionisme ". On peut être en désaccord avec ce raisonnement, mais aucune évaluation critique n’est possible si l’on ne s’en enquiert pas d’abord.

Dans son discours, Ahmadinejad déclare que le sionisme est l’instrument d’oppression politique utilisé par l’Occident contre les musulmans. Il dit que le " régime sioniste " a été imposé au monde islamique en tant que tête de pont devant assurer la domination [occidentale, NdT] sur la région et ses ressources. Il soutient que la Palestine est la ligne de front de la lutte qui oppose le monde islamique à l’hégémonie usaméricaine, et que son destin aura des répercussions dans tout le Moyen-Orient [8].

Ahmadinejad reconnaît que la fin de la puissante mainmise usaméricaine qui s’exerce sur la région par le biais des sionistes est une perspective qui peut sembler inconcevable à certains, mais rappelle à son auditoire que d’autres empires apparemment invincibles ont disparu, ainsi que l’avait prédit Khomeiny, et n’existent plus à présent que dans les livres d’histoire. Il énumère ensuite trois régimes de cette sorte, qui se sont écroulés ou ont disparu, tous au cours des trente dernières années :

1)      Le Chah d’Iran [Mohammed Reza Pahlavi, NdT] monarque installé par les Etats-Unis [9]
2)      L’Union Soviétique
3)      L’ancien " ennemi numéro un " de l’Iran, le dictateur irakien Saddam Hussein.

Ahmadinejad introduit le premier et le troisième exemples par les propres mots de Khomeiny prédisant la fin de ces régimes personnels. Il conclut en rappelant le vœu inaccompli de Khomeiny : " L’Imam disait que ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps. Cette affirmation est très sage. " C’est là le passage qui a été si fameusement isolé, déformé et dénaturé. Du fait de la comparaison qu’il opère, Ahmadinejad semble appeler de ses vœux un changement de régime, et non pas la guerre.

(...)

Texte intégral et notes :

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=NOR20070129&articleId=4621
Par Kochab
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Dimanche 25 février 2007
22 février 2007

Il y a un an, jour pour jour, le 22 février 2006, " Les 72 000 plaques d’or de la coupole du sanctuaire chiite Al-Askariya de Samarra ont été pulvérisées par deux explosions successives mercredi 22 février vers 6h40 du matin (heure d’Irak). Des suspects ont été arrêtés, mais les véritables auteurs du forfait courent toujours. Ils ne seront sans doute jamais retrouvés. Leurs commanditaires non plus, bien que tout les désigne " écrivait Gilles Munier : lire la suite de son excellent article : http://tunisitri.net/articles/article41.htm/

Il était clair depuis les premières heures, que l’attentat ne pouvait être le fait des groupes de résistance sunnite puisqu’ils l’avaient tous condamnés, y compris celui de Zarkawi et qu’il s’agissait plutôt d’un coup tordu de " forces spéciales ". En tout cas, c’était du pain béni pour les escadrons de la mort du ministre de l’intérieur de l’époque, Bayane Jabr Soulagh et les milices Badr et Sadr, pour basculer l’Irak dans une guerre civile dont il n’est pas prêt d’en sortir.

Près d’un an après, l’Ayatollah Sistani, aurait " lavé " les sunnites de toute implication dans la destruction du mausolée, lors d’une réception, la semaine dernière, d’une délégation gouvernementale conduite par le vice-président Irakien Hachemi. Aveu bien tardif puisque son compatriote et supérieur hiérarchique, l’ayatollah Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique iranienne, avait accusé Israël, au lendemain de l’attentat, d’en être l’auteur et avait demandé aux chiites de ne pas se venger sur les sunnites, car la Sharia interdit aux musulmans d’aider les ennemis de l’islam ".


L’indiscrétion d’un officier Kurde !

Et voilà qu’une indiscrétion d’un officier Kurde vient relancer la polémique sur les auteurs et les commanditaires de l’attentat.

Par Ragheb Karim :

Rongé par le remord et torturé par sa conscience, un jeune officier de renseignements Kurde, à peine la trentaine et ne parlant pas l’arabe, a révélé à ses proches, qu’il était présent lors de l’explosion du mausolée et qu’il faisait la garde dans les alentours.

Il raconte : " Nous avons été désignés pour suivre une formation de deux semaines au Kurdistan. Nos formateurs étaient juifs et la formation consistait à protéger les édifices publics. Au bout de 15 jours, on nous a transportés dans des voitures au sud du Kurdistan. J’ai compris que nous allions à Bagdad, mais je ne savais pas où exactement. Nous sommes arrivés vers 20 heures dans une ville et, c’est à peine si j’ai aperçu le dôme orné d’or de ce que je croyais être une mosquée. A l’entrée de la ville, on nous a répartis à nos postes selon le plan prévu à l’avance en nous intimant l’ordre de ne laisser passer personne dans ces rues. Nous sommes demeurés en place jusqu’au matin à surveiller les lieux, à tour de rôle. Je croyais personnellement qu’il y avait une réunion importante à l’intérieur, de responsables irakiens et américains ".

" Le lendemain, vers 7 heures du matin, nous avons été surpris par une violente déflagration qui nous a terrorisés, surtout que nous ne sommes pas habitués à ce genre d’explosion au Kurdistan. Nous avons tous sauté sur nos armes et pris des positions de combat. Un soldat m’appela et me dit de regarder derrière : d’épaisses fumées se dégageaient de l’endroit du mausolée et la coupole a disparu. J’ai crié alors spontanément : fils de putes, vous avez détruit la mosquée ? Je me suis senti alors très abattu et j’ai compris que les juifs nous avaient trahi et qu’ils avaient signé un marché quelconque avec le gouvernement impotent du Kurdistan. Je n’étais pas très croyant, mais je n’ai jamais participé auparavant à la destruction d’une mosquée ". Fin du témoignage de l’officier Kurde.

Trois heures après l’explosion maudite, les manifestations de vengeance partirent de tous les coins de Bagdad, attaquant les mosquées sunnites et tuant et enlevant des gens. J’ai été surpris par la vitesse avec laquelle les manifestants s’étaient rassemblés, par leur parfaite organisation et surtout comment ils avaient ciblé des mosquées et des quartiers bien précis. J’ai vu de mes propres yeux les hésitations et même la complicité des forces de police. Franchement, je n’ai pas eu le courage de leur parler, mais en mon for intérieur, j’étais dégoûté de ce que je voyais.

Le sang avait coulé à flots tout au long de cette journée du 22 février 2007. Une chose me tracassait cependant. Je disais souvent à mes amis que les " sunnites " allaient se faire écraser parce qu’ils n’ont pas dénoncé les attentats contre les chiites. Après l’explosion de Samarra, j’étais sûr que c’est nous (les chiites) qui allons nous faire écraser, tant les injustices contre les innocents étaient flagrantes.

Les gens qui avaient procédé aux attaques vengeresses avaient des visages de fous, les yeux rouges de colère et il n’était guère facile de les empêcher de commettre ces méfaits. Je m’étais dit que la violence allait se poursuivre un ou deux jours au plus et je ne me suis jamais imaginé qu’elle allait se poursuivre durant toute une année. Aujourd’hui, je suis complètement abattu et je m’attends de plus en plus à une sanction humaine ou divine.

Je m’étais attendu, au cours de cette journée maudite, à entendre une parole de la part des dignitaires religieux " chiites ", mais j’ai vite compris qu’ils avaient le couteau sur la gorge et qu’ils étaient incapables de prononcer cette parole tant espérée. J’avais noté la position politique opportuniste chiite et celle provocatrice des sunnites et j’ai dit Banco ! Qu’est-ce qu’on veut: une conspiration judéo américaine, des partis de la coalition qui savent et se tenaient prêts, les Kurdes qui avaient ouvert un œil et fermé l’autre, le courant Sadr provocateur, les bandes criminelles qui avaient touché leur dû…et communs des mortels sont les derniers à le savoir…

Le plus curieux est que mon ami de la Cité Sadr , m’a envoyé un SMS à 14 heures 45 pour me dire : les attaques d’aujourd’hui ont été organisées par les forces Badr avec la participation du Hezbollah ! C’est lui qui assume la responsabilité de ces informations et je garde le message dans mes archives.

Par Ragheb Karim

Traduit de l’arabe par : Ahmed Manai : www.tunisitri.net/

Source : www.albasrah.net
Par Kochab
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Mardi 6 mars 2007
Une preuve scientifique s'obtient en corroborant des mesures entre elles afin d’établir une relation certaine de cause à effet. Une vérité scientifique s'obtient en choisissant parmi ces mesures celles qui conviennent à la conclusion que l'on veut en tirer. Le GIEC écartant les preuves qui l’empêchent d’imposer sa vérité, génère une nouvelle croyance populaire. Ne rions plus de Lyssenko. Il aura bientôt sa statue à l’ONU.

LA VERITE QUI DERANGE AL GORE ET LE GIEC : LE REGISTRE HISTORIQUE DU CO2  EXPOSE LA FRAUDE DU RECHAUFFEMENT GLOBAL


Le dossier historique sur la concentration atmosphérique de dioxide de carbone, sur lequel s’appuie le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) dans ses campagnes, est frauduleux.



Mesures historiques du CO 2(courbe supérieure) et mesures concoctées à partir de carottages de glace, cherchant à valider la thèse selon laquelle l’augmentation de CO 2dans l’atmosphère serait due à l’activité humaine


Le dossier élaboré par le GIEC tente de prouver que les concentrations en CO 2ont augmenté de manière constante au fur et à mesure des progrès de la civilisation humaine. En revanche, les travaux de Beck confirment de multiples enquêtes antérieures, montrant par là même que le GIEC n’a retenu que les données qui lui convenaient pour tenter de prouver qu’il faut arrêter tout développement industriel et revenir à l’ère pré-automobile, ou bien se résoudre à subir une chaleur écrasante et la fonte des calottes polaires. En fait, le traité de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre repose sur une fraude scientifique en contradiction avec les lois de l’univers.

Le professeur Ernst-Georg Beck, de Freibourg im Breisgau (Allemagne) vient de démontrer que le GIEC a concocté et réarrangé le registre des mesures de CO2 d’avant 1957, pour l’aligner sur celles prises sur des carottages de glace récemment remontées, négligeant ainsi totalement plus de 90 000 mesures directes et précises relevées par des méthodes chimiques entre 1857 et 1957.[ 1]

Le professeur Beck passe en revue 175 essais scientifiques, avant de conclure que les " pères " de la théorie actuelle des gaz à effet de serre, Guy Stewart Callendar et Charles David Keeling, (ce dernier étant l’une des références préférées de l’ex vice-président américain Al Gore) ont délibéremment choisi d’ignorer des mesures soignées, systématiques, prises par de grands noms de la chimie, dont plusieurs lauréats du Prix Nobel.

Ces chimistes ont démontré que dans le passé, par exemple au cours de la période 1936-1944, la concentration atmosphérique de CO2 surpassait celle d’aujourd’hui, et représentait 393.0 à 454.7 ppm. Avec un taux d’erreur d’environ 3 %, des mesures de 375.00 furent prises en 1885 (Hempel à Dresde), 390.0 en 1866 (Gorup à Erlangen), et de 416.0 en 1857 et 1858 (von Gilm à Innsbruck). Fait curieux, tandis que l’augmentation du CO2 des années 40 correspond à une période de températures moyennes plus élevées, le professeur Beck et autres ont démontré que le réchauffement a précédé une plus forte concentration de CO2.

Les données trouvées par le professeur Beck viennent essentiellement de l’hémisphère nord, de l’Alaska jusqu’à Poona en Inde, en passant par l’Europe. Presque toutes les mesures ont été relevées en milieu rural ou en périphérie des villes, dans des lieux non-contaminés par l’industrie, à une hauteur d’environ deux mètres au-dessus du sol. Les méthodes chimiques ont un taux d’erreur maximal de 3 %, et dans les meilleurs cas, de seulement 1 %. Inversement, les mesures prises sur des carottages de glace montrent une augmentation assez continue du taux de CO2, ce qui correspond de manière fort pratique avec l’idée préconçue selon laquelle l’activité industrielle en serait le coupable. Selon l’associé du professeur Beck, le Dr. Zbigniew Jaworoswki, ancien directeur du service de surveillance de la radiation en Pologne, les inclusions gazeuses dans les carottes de glace ne sont pas des témoins historiques fiables de concentrations atmosphériques.[ 2]

A bon entendeur, salut !

Selon la théorie des gaz à effet de serre, l’augmentation de la concentration atmosphérique de CO2 causée par l’activité humaine - par exemple, la combustion de carburants fossiles, aurait la même fonction que le verre d’une serre : empêcher la réémission des rayons solaires reçus à la surface de la terre vers l’espace. Bien qu’un tel effet existe, la dioxide de carbone est assez insignifiant parmi les différents gaz à effet de serre, dont il ne représente tout au plus que 2 ou 3 %.

C’est la vapeur d’eau qui est le gaz à effet de serre le plus significatif. Mais l’eau, sous forme de nuages, peut aussi faire baisser les températures en réfléchissant les rayons solaires lors de leur entrée dans l’atmosphère. En fin de compte, l’action conjointe d’un grand nombre de facteurs est très complexe, à tel point que tenter d’établir une corrélation entre la température globale et les concentrations en CO2 revient à tenter de prédire la valeur d’un fond spéculatif (hedge fund) en contemplant les phases lunaires.

Il a fallu tout un arsenal de mensonges ultra-sophistiqués pour " prouver " qu’une telle corrélation puisse exister. Néanmoins les fraudeurs ont été pris à leur jeu - grâce, en quelque sorte, au Cardinal Nicholas de Cuse. En effet, de Cuse avait proposé, au XVème siècle, dans le chapitre " De Staticis " de son ouvrage De Idiota Mente , de peser une plante et sa terre, avant et après la croissance. Un chercheur flamand, Jan Baptist van Helmont (c’est à lui que nous devons le terme " gaz "), s’y exerça et découvrit, vers 1620, que le changement de poids de la terre dans laquelle poussait un saule pleureur, lequel avait en l’espace de cinq ans poussé jusqu’à peser 169 livres, ne représentait que quelques onces. Mais van Helmont s’était trompé lorsqu’il avait conclu que la masse de la plante ne provenait que de l’eau qui lui avait été donnée.

Deux siècles plus tard, et grâce aux travaux révolutionnaires de Lavoisier, suivi de Gay-Lussac, Avogadro, Gerhardt et autres au début du XIXème siècle, l’on comprit que pratiquement toute la masse de la plante, ainsi que sa colonne vertébrale, provient de l’air, qui est invisible et semble ne rien peser, et plus particulièrement, d’un élément appelé dioxide de carbone.  Le fait de pouvoir peser sur une balance deux gaz invisibles et en comparer le poids respectif permit aux chercheurs de déterminer leurs poids atomiques, puis de percer le secret de l’atome et de la cellule. Les menteurs attitrés du GIEC doivent aujourd’hui amèrement regretter que subsiste encore le témoignage historique constitué par les dossiers de mesure de concentration de CO2 dans l’atmosphère, soigneusement dressés par les chimistes depuis l’instant où l’on élabora, au début du XIXème siècle, la théorie de la photosynthèse.

Source : Solidarité et progrès
Par Kochab
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Mardi 6 mars 2007
J'ai reçu du CNRS un démenti à l'article publié sous ce titre, dont vous trouverez ici les principaux extraits :

Monsieur,

Sur votre blog se trouve un message signé Helena Zacharias concernant le chantier franco-égyptien de Karnak placé sous la double tutelle du CNRS et du Conseil Suprême des Antiquités égyptien.

Ce message est un faux fabriqué à l'insu de Mme Zacharias, notre agent à Karnak.

Ce qui est écrit vise à déstabiliser notre équipe sur place et la met en situation difficile. Je vous prie donc de retirer immédiatement de votre site ce faux calomnieux.

Le CNRS poursuivra en justice les auteurs et diffuseurs de ce procédé diffamatoire dont vous avez été le malheureux instrument.

En vous remerciant pour votre compréhension,
je vous prie, Monsieur,
de bien vouloir agréer l'assurance de mes salutations les plus cordiales,
Christophe J. Goddard
Chargé de mission, responsable des Ecoles, Instituts et Centres français de recherche à l'étranger.
Par Kochab
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Mercredi 11 avril 2007
par GRAIN
 
La crise de la grippe aviaire continue  de faire rage. Il y a un an, alors que les gouvernements s’entêtaient à mettre  en place des équipes de surveillance dans les zones humides et que  l’Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) montrait d’un doigt  accusateur l’abondante volaille élevée à la ferme en Asie et en Afrique, GRAIN  et d’autres groupes faisaient remarquer que c’était bien l’élevage de volaille  industriel à large échelle et le commerce mondial de la volaille qui  propageaient la grippe aviaire - et non les oiseaux sauvages ou ceux de  basse-cour. Aujourd’hui, tout le monde le sait, même si on ne fait pas grand  chose pour contrôler la source industrielle du problème, et les gouvernements  continuent à débiter impudemment la théorie de l’oiseau sauvage afin d’échapper  à leurs responsabilités. Il y a à peine quelques semaines, les autorités  moscovites ont attribué aux oiseaux migrateurs un cas de grippe aviaire aux abords  de la ville – au beau milieu de l’hiver russe.

Cependant, un aspect bien plus sinistre  de la crise de la grippe aviaire commence à devenir plus apparent. L’année  dernière, nous alertions sur le fait que la grippe aviaire servait à favoriser  les intérêts de puissantes compagnies, mettant en danger les moyens d’existence  et la santé de millions de personnes. Aujourd’hui, plus que jamais,  l’agrobusiness utilise cette calamité pour consolider ses chaînes alimentaires ferme-usine-supermarché alors que ses concurrents des petites fermes sont criminalisés. De leur côté, les sociétés pharmaceutiques exploitent les bonnes volontés investies dans la base de données mondiale des échantillons de grippe  pour profiter des marchés captifs prêts à tout pour avoir des vaccins. Deux  agences des Nations Unies – la FAO et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) – sont au centre de  cette affaire,  utilisant leur stature internationale, l’accès aux gouvernements et le contrôle  sur les financements des donateurs pour favoriser les programmes des  compagnies.

Mise à mort du secteur de  l’élevage à petite échelle.

Les autorités chargées de s’occuper de la grippe aviaire reconnaissent enfin le rôle joué par le commerce de la  volaille dans la propagation du virus. Avec beaucoup de retard. La première vague de grippe aviaire en Asie du Sud-Est – Vietnam, Thaïlande, Cambodge, Laos  et Indonésie – s'est produite dans des élevages industriels intensifs confinés. Cependant aucune enquête approfondie n’a jamais été menée expliquant pourquoi  cette maladie s’est déclenchée précisément dans ces fermes-là et comment elle  s’est propagée à partir de là. La même chose est arrivée en Turquie et en Egypte, où les oiseaux sauvages et les volailles de basse-cour ont rapidement été incriminés tandis que les compagnies avicoles qui fournissaient en oiseaux les marchés et les producteurs de " basse-cour" au moment où la maladie faisait  rage à travers toute l’industrie, n'étaient pas inquiétées. Même en Corée du Sud, où une volaille saine élevée en plein air peut picorer aux abords de fermes touchées par la maladie, les autorités sont obsédées par le rôle joué  par les oiseaux sauvages. Ce n’est qu’en février dernier au Royaume-Uni que le mythe des grandes exploitations " biosécurisées " a volé en éclats et que le  voile dissimulant les nombreuses voies de propagation de la grippe aviaire à  travers les élevages industriels transnationaux a été levé.  Les autorités locales ont tout d’abord accusé les oiseaux sauvages de la contamination survenue dans un grand élevage  industriel appartenant au géant de la volaille industrielle Bernard Matthews et la compagnie a rejeté les informations diffusées par les médias sur un lien  possible avec ses activités en Hongrie, déclarant que celles-ci étaient  éloignées de la zone où la grippe aviaire s’était récemment déclenchée en  Hongrie. Mais les deux explications se sont effondrées lorsqu’un inspecteur assermenté a trouvé un emballage dans les locaux de la compagnie anglaise prouvant que la viande provenant d’un abattoir de la zone infectée par la grippe aviaire en Hongrie avait effectivement été traitée dans l’exploitation  anglaise juste avant le déclenchement de la crise.

Maintenant retournons à l’épicentre asiatique de la crise, où le message aux éleveurs de volaille est toujours "Grandissez, grandissez vraiment ou  disparaissez " En 2006, conformément à un programme signé entre son  gouvernement et les Nations Unies, le Vietnam a présenté un plan de 10 ans qui,  selon les termes de son Ministre de l’agriculture, vise à transformer son  secteur avicole en " une industrie moderne et à grande échelle en termes  d’élevage, d’abattage et de consommation." Le gouvernement a commencé par  interdire la volaille vivante dans les centres urbains, mettant fin à des  milliers d'élevages en basse-cour. Ensuite, de nouvelles réglementations sur le  commerce et l’abattage de la volaille dans les zones résidentielles sont  entrées en vigueur. Les petits marchés et les bouchers ont fermé, et les  abattoirs ont été déménagés dans quelques installations autorisées à la  périphérie des villes. A Ho Chi Minh ville, plus de 200 marchés locaux  vendaient des poulets avant la crise de la grippe aviaire ; aujourd’hui les  poulets ne peuvent être vendus légalement que dans les supermarchés et dans les  “points de vente” des exploitations industrielles. Le nombre d’abattoirs dans  la ville a chuté de 50 à trois. Ces changements entraînent la ruine des petits  producteurs car les supermarchés et les nouveaux abattoirs ne vendent que de la  volaille certifiée selon des normes auxquelles les petits éleveurs ne peuvent  se conformer. Les trois ou quatre compagnies qui contrôlent la production  industrielle vietnamienne de volaille ne détiennent donc pas seulement les  marchés urbains, elles disposent également pour leurs activités florissantes de  production et d’abattage d’une force de travail à bas prix constituée de  paysans contraints à l'exode rural. 

La restructuration est vite devenue une  aubaine pour la compagnie qui a probablement été la première à introduire la  grippe aviaire au Vietnam. " Charoen Pokphand (CP) réussira à transformer une  crise en occasion de se développer," déclare Sooksunt Jiumjaiswanglerg,  président de CP Vietnam Livestock. La multinationale géante basée en Thaïlande,  qui fournit des chaînes d’alimentation rapide d’Asie comme KFC, contrôle près  de 80 % de la production industrielle vietnamienne de poulet et prévoit une  croissance de 30 % par an dans le pays. Au Vietnam, CP est le principal  fournisseur de la chaîne de supermarché BigC appartenant à un français et en  voie d’ouvrir plus de 100 de ses propres boutiques CP Fresh Mart et 200 à 300  échoppes de poulets rôtis CP.

Cependant, dans un pays où on estimait  qu’environ 80 % de la production avicole était, du moins jusqu’à récemment,  entre les mains de petits producteurs et où plus de 70 % des ménages  vietnamiens élevaient de la volaille, on ne s’étonnera pas que de nombreux  éleveurs de volailles indépendants prennent le risque de continuer  clandestinement. Phan Anh Tam est un petit éleveur de canards élevés en plein  air, il vient de la province de Tay Ninh au Sud-Ouest du Vietnam, et son  élevage entier a été abattu pendant la crise de 2003. Interviewé à la chaîne  IPS News, il explique qu’il n’avait pas trop le choix, hormis celui  d'enfreindre la nouvelle loi et de continuer son élevage. “S’ils veulent les  tuer, qu’ils tuent donc mes enfants, car ces canards sont les seuls moyens de  les nourrir,” dit ce père de cinq enfants.
 
Malgré leur statut  d’"expert", ceux qui essaient de proscrire la volaille de basse-cour  ne s’appuient sur aucun élément tangible. La seule étude scientifique vérifiée  par des pairs visant à comparer les risques encourus entre les fermes  familiales et les exploitations industrielles, reposant sur des données  recueillies lors de la vague de grippe aviaire de 2004 en Thaïlande, a conclu  que " les volailles de basse-cour risquent bien moins d’être infectés (par la  grippe aviaire) que les poules au pot, poules pondeuses ou cailles des  opérations à échelle commerciales." Ni ces "experts" ni les  autorités ne suivent leurs conseils, répondant aux besoins de la grande  majorité des personnes touchées. Si des éleveurs désobéissent aux ordres de  tuer leurs volailles, ce n’est pas parce qu’ils ne comprennent pas les dangers  potentiels de la maladie, mais parce que leurs moyens d’existence sont en jeu  et que compensés ou non, ils n’ont pas les moyens d’acheter dans les  supermarchés.

C’est la raison principale pour  laquelle la FAO et l’industrie ont tellement de mal à imposer des approches  normalisées. La Thaïlande a agi uniquement de manière à protéger ses activités  exportatrices, c'est pourquoi elle a évité la vaccination et s'est concentré  sur l’abattage de masse et la restructuration. La Chine et le Vietnam, contre  l’avis international, ont opté pour une vaccination en masse. D’autres pays,  comme le Nigeria, font du sur-place s'efforçant de chercher un moyen de plaire  aux donateurs et à l’industrie sans déclencher une révolte dans les  populations, dont les moyens d’existence et la sécurité alimentaire dépendent  des systèmes traditionnels de production de volailles.

L'application de la recette  rencontre des problèmes en Indonésie

Les choses deviennent particulièrement  délicates en Indonésie où la grippe aviaire fait le plus de dégâts. D’un coté,  le gouvernement central tente d’apaiser les donateurs et les grandes  entreprises en suivant l’exemple vietnamien et thaï. Il a préconisé l’abattage  de masse et l’interdiction des oiseaux vivants, loi qui est entrée en vigueur  le 1er février 2007 à Jakarta et dans les neuf autres provinces où la grippe  aviaire est la plus installée. Le Ministre de la Santé, Siti Fadilah Supar, a  même déclaré que les interdictions couvriraient bientôt tout l’archipel. Les  nouvelles réglementations pour l'élevage, l’abattage et la vente au détail de  la volaille se décident aussi en coulisses entre l’industrie, le gouvernement  et les agences des Nations Unies. Illustrant bien ce qui va se passer, Jakarta  a déjà indiqué les sites pour le déménagement des abattoirs, les locaux de  stockage et les marchés aux volailles. Et utilisant des mots qui auraient être  aussi bien prononcés par son homologue vietnamien, le ministre de l’Agriculture  Anton Apriyantono a déclaré aux journalistes, " les élevages de volailles  pourraient éventuellement être intégrés aux abattoirs.  Et de l'autre côté, le gouvernement  laisse la grande industrie tranquille. Pour les exploitations commerciales à  grande échelle – où malgré leurs dénégations répétées, la grippe aviaire reste  un problème – tout est facultatif. Pire encore, le gouvernement et le public ne  peuvent pratiquement rien faire hormis ‘accepter’ ce que l’industrie leur dit  car il existe toujours un texte de loi qui empêche les inspections de  l’exploitation sans la permission de la compagnie. Si une telle loi existait au  Royaume-Uni, nous n’aurions jamais connu l'origine de l'important cas de  contamination dont ce pays vient de souffrir.

Bien entendu, les mesures imposées par  le gouvernement indonésien ne s'accordent pas du tout avec la vie quotidienne  de la population. C'est ainsi que beaucoup de monde n’en tient tout simplement  pas compte. D'où le recours fréquent du gouvernement à l’armée pour les imposer  de force. A Jakarta, à peine 24 heures après l’entrée en vigueur de  l’interdiction, on pouvait acheter des oiseaux vivants presque partout.
 
" Les pratiques traditionnelles  d'élevage de la volaille sont profondément ancrées dans notre culture et elles  sont cruciales pour les moyens d'existence de la population," explique Riza  Tjahjadi de la Fondation Biotani Indonesia installée à Jakarta. "Le  gouvernement aura vraiment beaucoup de mal s'il s'attend à ce que les gens  abandonnent leurs oiseaux et leurs marchés de proximité pour les poulets  congelés des supermarchés."

En effet, les gens commencent à se  mobiliser. Le 27 février 2007, Sebindo (Serikat Buruh, syndicat informel des  travailleurs d'Indonésie) a organisé une manifestation lors d'une réunion du  Parti démocrate de la lutte d'Indonésie, dirigé par l'ancienne présidente Megawati  Sukarnoputri. La manifestation faisait partie de la campagne de Sebindo pour  qu'une information plus réaliste soit donnée au public sur la grippe aviaire et  pour pousser le gouvernement à mener des actions plus cohérentes. Ils ont  accusé à la fois le gouvernement et les médias d'avoir diffusé une version  profondément erronée du problème.

Avec l'ordre d'abattage  en masse, disent-ils, "La petite industrie avicole de l'Indonésie a été  déclarée l'ennemie et jugée coupable". C'est ainsi que le pays est en  train de persécuter son peuple et ses propres traditions. De plus, avec l'ordre  de déplacer et d'intégrer l'industrie avicole, le gouvernement pousse  délibérément le pays dans la dépendance vis à vis de quelques grosses fermes  industrielles et des importations de l'étranger, sans garantie non plus que ce  choix épargnera le pays de la grippe aviaire. Dans l'ensemble, il est dit de  manière pernicieuse au pays qu'il n'a à s'en prendre qu'à lui-même, détruire  son secteur et ses traditions avicoles et compter à la place sur l'industrie  avicole transnationale, alors que la meilleure solution d'après le syndicat est  de promouvoir une vie plus saine et une véritable biosécurité.

Dans les îles, les  gouvernements locaux, face à la résistance populaire, ignorent aussi les  directives centrales en provenance de Jakarta. Le gouverneur de Java du Centre,  avec les éleveurs et les vendeurs de volailles menaçant de manifestations de  masse, a jusqu'à présent refusé de mettre en application la directive centrale  d'interdire et d'abattre les oiseaux de basse-cour, invoquant les conséquences  sur la sécurité alimentaire des populations. A Yogyakarta, le parlement  provincial est aux prises avec les vétérinaires, les agriculteurs et les  étudiants du Forum Peduli Perunggasan Indonesia (Forum des préoccupations pourla  volaille indonésienne) qui protestent sur ses mesures, demandent un rejet de la  politique d'abattage en masse et soutiennent l'élevage de volaille en  basse-cour et la diversité des volailles.

Il est évident que l'agrobusiness  souffre, au moins à court terme, quand un cas de grippe aviaire est déclaré.  Mais, que ce soit en Indonésie ou en Russie, en Inde ou en Egypte, les  gouvernements et les diverses agences internationales sont rapidement venues au  secours de l'industrie, et se sont même arrangées pour transformer la crise de  la grippe aviaire en opportunité pour les plus grosses entreprises de renforcer  leur contrôle sur le long terme. Ces entreprises, de CP en Thaïlande à Tyson  aux Etats-Unis, ont fait beaucoup d'efforts pour s'assurer que cela se passe  ainsi. En Octobre 2005, les plus grosses compagnies avicoles du monde se sont  réunies pour former le Conseil avicole international, afin de rapidement  défendre et mettre en avant une position unie sur la politique à mener pour la  grippe aviaire. Il existe aussi la Commission internationale de l'œuf, un lobby  d'entreprises qui possède un mandat similaire et un fonctionnement par adhésion. Ces deux organisations ont des statuts officiels et des accords  formels avec des organismes influents comme la FAO et l'organisation mondiale  de santé animale, ce qui leur octroie une influence directe sur l'organisation de la politique à mener pour la grippe aviaire. Les petits producteurs et  vendeurs de volaille n'ont pas accès à ces organismes; ils ont été totalement  laissés en dehors des processus de décision, à la fois aux niveaux national et  international, et cela se voit.

La  privatisation de la grippe aviaire: l'ultime menace sur la santé

Les mêmes tensions affectent l'aspect  qui concerne la santé humaine dans  la  crise de la grippe aviaire. Le 9 février 2007, la nouvelle éclata dans les  médias internationaux que l'Indonésie avait interrompu la livraison des  échantillons du virus local H5N1 (grippe aviaire) à l'OMS. Quand l'histoire est  arrivée, le gouvernement indonésien avait appris qu'une firme australienne,  CSL, était en train de développer un vaccin contre la grippe aviaire basé sur  les échantillons provenant d'Indonésie, que Jakarta avait livrés à l'OMS, sans  information ni demande d'autorisation. Pour se venger, raconte-t-on ensuite, Jakarta avait fermé la porte à l'OMS, symbole mythique de la coopération  internationale dans la lutte contre tout risque de pandémie de grippe aviaire, et conclu à la place un accord privé avec une grosse compagnie pharmaceutique étasunienne, Baxter International, qui avait accepté de produire et de fournir des vaccins à l'Indonésie aux conditions du gouvernement.

Partout dans le monde, mais surtout en Occident, les populations condamnent et dénoncent l'Indonésie pour cette  manœuvre. Le gouvernement a très vite été accusé de cupidité, d'avoir fait une erreur, de manquer de perspicacité et d'être nationaliste, comme si on disait  que l'Indonésie était obligée de donner pour que d'autres puissent  vendre. Vu de Jakarta, c'est très offensant. C'était de nouveau comme à l'époque coloniale.

Quand les choses se sont calmées, et  que l'OMS et le ministre de la Santé indonésien ont signé un accord de paix en  termes de relations publiques , il est devenu clair que beaucoup de gens  n'avaient pas compris ce qui se passait et ce qui était en jeu.

L'Indonésie n'était pas le premier  gouvernement à cesser d'envoyer des échantillons du virus de la grippe aviaire  à l'OMS. La Chine l'avait déjà fait. D'ailleurs, l'Indonésie n'a cessé d'envoyer  que les échantillons physiques du virus à partir de son territoire. Elle n'a  pas cessé de collecter le matériel et d'envoyer les données à Genève.  Manifestement, Jakarta n'était pas en train d'essayer de prendre le reste du  monde en otage, mais d'essayer de résoudre un problème national urgent.

Le problème pour le gouvernement  indonésien est qu'il a besoin d'un approvisionnement suffisant en vaccins pour  traiter la question de santé publique qui représente une bombe à retardement  sur laquelle il est assis.  C'est  l'Indonésie qui a été le plus touché de tous les pays par le virus H5N1. Le  virus est à l'état endémique maintenant dans sa volaille; les gens continuent  d'en mourir (38% de tous les cas rapportés d'êtres humains morts de la grippe  aviaire dans le monde sont indonésiens), et c'est le quatrième pays le plus  peuplé du monde. Ce qui est en jeu est tout simplement considérable. Le  gouvernement a calculé que l'approvisionnement global de tout traitement sera  nécessairement limité; qu'il ne peut et ne pourra pas s'offrir la plupart des  vaccins, en particulier pendant la période de pénurie que toute pandémie  entraîne; et qu'il a besoin d'un vaccin développé à partir de souches locales  de la grippe pour une plus grande efficacité. Le système de l'OMS, à cet égard,  ne conduit nulle part pour un pays comme l'Indonésie. L"organisation  demande à ses pays membres d'envoyer des échantillons de tous les cas isolés de  grippe aviaire, humains et animaux. Les échantillons sont conservés dans quatre  centres collaborant avec l'OMS, basés comme par hasard dans les pays riches  (Royaume uni, Japon, Etats-Unis et Australie),   et les données alimentent une base de données protégée par un mot de  passe, installée (est-ce étonnant?) aux Etats-Unis. On demande donc à un pays  comme l'Indonésie de fournir gratuitement des échantillons de virus et de  laisser les gros fabricants de produits   pharmaceutiques accéder aux informations pour qu'ils produisent des  médicaments dont ils détiendront les droits de propriété. C'est exactement ce  qui s'est passé avec CSL. Le déséquilibre de pouvoir inhérent à ce système est  choquant. 

Lorsque l'Indonésie a dit "plus  jamais", elle disait "c'est injuste". Ce n'est pas juste que les  pays pauvres fournissent la "matière brute", gratuitement, à une  entreprise pharmaceutique mondiale qui concentre le pouvoir du marché et tire  des profits considérables par le biais de ses privilèges de monopole appelés  brevets, en particulier quand ce sont les pays pauvres qui affrontent les plus  gros problèmes de santé publique. Ce que l'Indonésie a réclamé par conséquent,  comme d'autres pays qui se battent avec la crise de la grippe aviaire, comme la  Thaïlande, c'est que l'OMS et les autres organismes les aident à développer la  capacité de produire leurs propres vaccins eux-mêmes. Le brevet, que les pays  en développement sont obligés d'accepter et auquel ils doivent se conformer,  empêchera toujours que ça se passe comme ça. C'est ce que le brevet est censé  faire: réprimer ("réguler") la concurrence. C'est pourquoi les géants  des produits pharmaceutiques comme Syngenta, Novartis et Pfitzer se battent  avec tant d'acharnement actuellement en Inde, en Thaïlande et aux Philippines,  pour empêcher, autant que possible, la licence obligatoire et la fabrication  générique. Il s'agit d' un pur  problème  d'opposition entre des intérêts commerciaux bornés et des intérêts publics  larges. Quand les pays en développement, conduits par la Thaïlande, ont essayé  de changer le système de distribution des échantillons de grippe aviaire de  l'OMS en juin dernier afin qu'il soit limité à des objectifs non-commerciaux,  il leur a été opposé un "non" catégorique.

Aujourd'hui on commence à dire que  "D'accord, l'Indonésie a marqué un point. Tout vaccin contre une pandémie  de grippe aviaire devrait être partagé. Et la technologie pour produire ce  vaccin devrait aussi être partagée. La grippe aviaire est un problème de 'santé  publique' qui demande une réponse allant dans le sens du 'bien public'."  C'est juste. Et en Indonésie, des groupes comme le Syndicat Sebindo insistent  catégoriquement pour que tout vaccin pour les êtres humains contre la grippe  aviaire soit gratuit, et non vendu. Mais cela n'arrivera pas, ou nous  retomberons sans arrêt dans ce dilemme, sauf si les gens contestent vraiment le  système des brevets, qui n'apporte pas grand chose à la santé mais dont  l'objectif est d'enrichir encore plus les PDG des compagnies pharmaceutiques et  leurs actionnaires. Demain, quand des laboratoires vont breveter le virus H5n1  lui-même, les gens crieront certainement que c'est un crime. Mais demain, ce  sera trop tard.

Punir les pauvres

La réponse à la crise de la grippe aviaire se  déroule comme un programme d'ajustement structurel. Ici aussi, le monde des  affaires et les organismes internationaux se servent d'une calamité, favorisée  par les modèles qu'ils ont eux-mêmes mis en place, pour augmenter les profits  des entreprises et faire avancer des réformes encore plus profondes qui  presseront encore davantage les pauvres. Mais, tout comme les organisateurs des  fameux programmes d'ajustement structurel qui ont tellement dévasté les pays du  Sud, les autorités qui gèrent la crise de la grippe aviaire sont en train aussi  de perdre toute légitimité.  De plus en  plus de gens sont convaincus que les réponses officielles à la grippe aviaire  ont moins à faire avec la santé publique qu'avec les pouvoirs politiques.  Et la résistance locale se construit petit à  petit, engendrant des tensions entre les différents niveaux du gouvernement qui  doivent faire face à la colère de leur population et les organismes  internationaux où les lobbies des entreprises sont bien établis.  C'est la raison pour laquelle des moyens plus importants sont déployés actuellement, y compris la force militaire et les sanctions économiques, pour imposer les directives centrales

La vision que prônent les entreprises, c'est-à-dire des élevages industriels et des abattoirs entièrement intégrés, produisant à la  chaîne des volailles standardisées pour les étalages des supermarchés –déjà baptisé système du "Big chicken" pour le degré de contrôle qu'il  implique – est plus que jamais enfoncée dans le crâne des décideurs. La menace d'une pandémie de grippe aviaire met en œuvre cette vision plus vite et plus profondément qu'elle ne l'aurait été sans elle. Mais les souffrances que cela  cause à ceux qui sont broyés par les réformes, sans parler des risques que cela  pose pour la santé de toute la planète, sont considérables.  Le revers de la médaille de la manne que cela représente pour les entreprises, c'est la destruction des systèmes traditionnels d'élevage et la biodiversité de la volaille dont dépendent des centaines de millions de personnes pour leur sécurité alimentaire et leurs moyens d'existence. En agissant ainsi, cela sape aussi les bases d'une solution à long terme pour la grippe aviaire. Comme nous allons commencer à le voir en Indonésie et ailleurs, les gens n'ont pas d'autre choix que de résister.

Contributions : Riza Tjahjahdi et les bénévoles de  Biotani Foundation Indonesia ont généreusement  apporté leur aide  à ce rapport par leurs  recherches de données de base.

*Le terme 'Big  Chicken' vient de Wendy Orent, une anthropologue et auteure d'ouvrages  scientifiques des Etats-Unis.(ndt: Il fait référence au "Big Brother"  du roman 1984 de George Orwell, personnage qui symbolise le contrôle  totalitaire de la société par un état policier)

Source : Grain

Par Kochab
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